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Kirill Marchenko change tout à Toronto, Knies relance Columbus
L’échange Kirill Marchenko–Matthew Knies redéfinit les plans des Blue Jackets, modifie la hiérarchie offensive des Maple Leafs et fait disparaître une cible majeure pour le Canadien.
Publié le · Source : La PresseRead in English →
L’échange majeur impliquant Kirill Marchenko et Matthew Knies redessine les plans à court terme des Blue Jackets de Columbus, rebrasse la hiérarchie offensive des Maple Leafs de Toronto et ferme une importante porte pour le Canadien de Montréal à l’aube de la saison.
Columbus transforme un départ forcé en opportunité
Du point de vue de Columbus, la transaction permet de tirer un maximum de valeur d’un attaquant vedette déterminé à quitter. Marchenko, meilleur marqueur de l’équipe à 26 ans, entrait dans la dernière année de son contrat avant de devenir joueur autonome sans compensation. Sa capacité de refuser une prolongation à long terme limitait d’autant les options des Blue Jackets.
L’organisation souhaitait demeurer compétitive à court terme et n’a pas été satisfaite de l’offre du Canadien, pourtant la destination privilégiée par Marchenko. Un ensemble bâti autour de Michael Hage ou Alexander Zharovsky, d’un choix de premier tour et d’un autre espoir ne garantissait pas une amélioration immédiate.
L’appel des Maple Leafs a changé la donne. Columbus met la main sur Knies, un attaquant de puissance de 23 ans, imposant physiquement et auteur de 23 buts et 66 points en 79 matchs la saison dernière, après une campagne de 29 buts et 58 points à sa deuxième année dans la LNH. Les Jackets obtiennent aussi un choix de deuxième tour et, élément majeur, se libèrent des contrats lourds du gardien Elvis Merzlikins, inscrit sur la liste des blessés à long terme, et de Miles Wood. Selon les termes rapportés, 4,4 millions de dollars de son salaire annuel de 5,4 millions sortent de leurs livres avant son autonomie, tandis que 1,275 million sur les 2,5 millions de Wood, 31 ans, disparaissent pour chacune des trois prochaines saisons.
Les Maple Leafs parient gros sur un meneur offensif
À Toronto, on assume un pari inverse. Les Maple Leafs renoncent à un attaquant plus jeune, dont la production globale était comparable à celle de Marchenko l’an dernier, pour acquérir un joueur qui vient de signer une prolongation de six ans à un salaire annuel de 12,5 millions. Marchenko sort de saisons de 67 points, dont 27 buts, puis 74 points, dont 31 buts, à Columbus, dans un environnement offensif moins favorable, tout en affichant un solide gabarit de 6 pieds 3 pouces et 201 livres.
En coulisses, le dossier Knies semble toutefois plus complexe. Les Maple Leafs l’auraient déjà offert au Canadien à la dernière date limite des échanges, une transaction qui serait tombée à l’eau de peu. Le congédiement de Brad Treliving n’a pas modifié l’évaluation interne, puisque le nouveau directeur général John Chayka a lui aussi consenti à s’en départir. Knies aurait subi une blessure à un genou en début de saison et n’aurait pas retrouvé la même hargne, même si sa production a continué de grimper. À Toronto, certains observateurs le décrivaient comme un attaquant davantage dépendant d’Auston Matthews, Michael Nylander et John Tavares, donc plus complémentaire que moteur.
Les Maple Leafs voient en Marchenko l’inverse : un joueur capable de créer de l’attaque par lui-même. Chayka a résumé publiquement cette vision en affirmant qu’il existe « plusieurs bons joueurs » dans la LNH, mais que peu peuvent à eux seuls changer l’issue d’un match, et que Marchenko fait partie de ce groupe restreint. Reste à voir comment une seule rondelle suffira à Marchenko, Matthews, Nylander et aux autres têtes d’affiche de l’attaque torontoise.
Une cible majeure qui échappe au Canadien
Pour le Canadien, cette transaction représente surtout une occasion perdue. L’organisation convoitait sérieusement Marchenko comme solution potentielle pour renforcer le haut de son alignement. Avec son départ vers Toronto, une autre piste se referme, alors que plusieurs centres d’élite demeurent fermement attachés à leur équipe actuelle.
Sidney Crosby demeure solidement ancré à Pittsburgh, tandis que Nico Hischier et Robert Thomas semblent voués à long terme aux Devils du New Jersey et aux Blues de St. Louis. Knies, qui pouvait aussi incarner une option intéressante à moyen terme, quitte maintenant la liste des scénarios possibles pour Montréal en prenant la direction de Columbus.
Ironie du calendrier, le Canadien pourrait voir les effets de cet échange dès mardi soir, avec la possibilité d’affronter Marchenko dès le match d’ouverture à Toronto. Un premier test grandeur nature pour mesurer l’impact immédiat de cette manœuvre majeure sur l’équilibre des forces dans l’Association Est.
