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Ryan Poehling montre la voie à Reinbacher, Fowler et Beck après une coupure
La rétrogradation de David Reinbacher, Jacob Fowler et Owen Beck à Laval rappelle le cas de Ryan Poehling, coupé à la veille de la saison 2021-2022 avant de s’établir dans la LNH.
Publié le · Source : La PresseRead in English →
La rétrogradation de David Reinbacher, Jacob Fowler et Owen Beck à Laval dimanche s’inscrit dans une réalité bien connue dans la LNH : être coupé à la fin du camp ne ferme pas la porte à une carrière durable. Le parcours de Ryan Poehling avec le Canadien de Montréal demeure l’un des meilleurs rappels récents pour les jeunes joueurs qui viennent d’encaisser ce genre de déception.
Poehling, de coupé de dernière heure à contrat majeur à Anaheim
À l’aube de la saison 2021-2022, Ryan Poehling semblait promis à un poste de centre sur les deux derniers trios du Canadien. Choix de premier tour en 2017, il avait marqué les esprits avec un tour du chapeau contre les Maple Leafs de Toronto lors de ses débuts en 2019, après sa carrière universitaire. Une bonne saison à Laval, en 2020-2021, malgré les blessures, semblait le placer sur la voie rapide vers Montréal.
Quelques heures avant le match d’ouverture, Poehling est toutefois renvoyé dans la Ligue américaine. Le Canadien lui préfère alors Alex Belzile, Adam Brooks, Cédric Paquette et Mathieu Perreault, tous devant lui sur la liste des centres. Brooks venait d’être réclamé au ballottage des Maple Leafs, Paquette et Perreault avaient été embauchés comme joueurs autonomes, et Paquette arrivait avec un bagage de régulier dans la LNH, notamment à Tampa Bay, où il avait soulevé la Coupe Stanley.
Poehling répond sur la glace à Laval avec six points en sept matchs. Rappelé ensuite par le Canadien, il disputera 57 rencontres cette saison-là et récoltera 14 points, pendant que Brooks ne joue que quatre parties avant de retourner au ballottage, que Paquette et Belzile finissent le calendrier dans la Ligue américaine et que Perreault, ralenti par les blessures, ne prend part qu’à 25 matchs avant de prendre sa retraite. Même si Marc Bergevin et Dominique Ducharme sont congédiés et que Poehling est échangé aux Penguins en 2022, cette saison lui permet de s’installer comme joueur de la LNH. Il vient d’ailleurs de signer un contrat de 15 millions pour quatre ans avec les Ducks d’Anaheim.
Reinbacher, Fowler, Beck et la gestion serrée des postes à Montréal
Le cas de Poehling illustre ce que vivent aujourd’hui Reinbacher, Fowler et Beck. Tous trois étaient tout près de percer l’alignement, mais se retrouvent à Laval pour commencer la saison. L’histoire récente du Canadien montre que plusieurs joueurs ont dû passer par une rétrogradation ou un rôle réduit avant de s’imposer.
En 2024-2025, Alex Barré-Boulet, Justin Barron, Oliver Kapanen et Cayden Primeau faisaient partie des 23 joueurs retenus. Barré-Boulet n’a finalement disputé que deux matchs, pendant que Joshua Roy et Owen Beck, coupés au camp, ont joué davantage. Primeau avait gagné le poste de gardien auxiliaire, mais Jakub Dobeš, impressionnant à Laval, l’a éventuellement devancé et a forcé un échange de Primeau aux Hurricanes de la Caroline contre un choix de septième tour en 2025.
En 2023, Joel Armia, pourtant vétéran établi, avait été envoyé à Laval après avoir vu Tanner Pearson lui ravir sa place. Piqué dans son orgueil, Armia domine rapidement dans la Ligue américaine, est rappelé et marque 17 buts en 66 matchs à Montréal. Pearson, pour sa part, termine la saison à jongler entre un faible temps d’utilisation et la galerie de presse.
La situation devant le filet illustre aussi la prudence du Canadien. Jacob Fowler a prouvé la saison dernière, en 17 matchs et comme auxiliaire en séries, qu’il pouvait déjà aider dans la LNH. Mais le club ne voulait pas risquer de perdre Samuel Montembeault au ballottage, surtout après qu’il eut retrouvé son niveau. Un bon début de saison du vétéran pourrait toutefois relancer les spéculations quant à une transaction avec une équipe en manque de gardiens.
En défense, David Reinbacher sort d’un solide camp, même si son dernier match préparatoire a été plus difficile. Il aurait pu commencer à Montréal, d’autant plus qu’il lance de la droite alors que le Canadien n’a que Noah Dobson et Alexandre Carrier comme autres droitiers à la ligne bleue. Adam Engström, meilleur défenseur de Laval l’an dernier, mérite son poste à Montréal pour le moment, mais son avenir immédiat dépendra du retour de Kaiden Guhle et des possibles mouvements impliquant Jayden Struble ou Arber Xhekaj.
Dans ce contexte, l’organisation voit toujours Reinbacher comme une pièce importante à moyen terme, susceptible de se tailler une place permanente d’ici la fin de la saison. Pour Owen Beck, la voie semble plus étroite au centre, et son rappel pourrait dépendre de blessures ou de contre-performances devant lui.
Smits, McKenna et Stenberg percent, Malhotra et Rudolph patientent
Ailleurs dans la LNH, d’autres jeunes démontrent qu’il est parfois possible de brûler les étapes. Le défenseur letton Alberts Smits, repêché au cinquième rang cet été, a suffisamment impressionné au camp des Rangers de New York pour débuter la saison avec le grand club à 18 ans. Il fait partie d’un trio de joueurs choisis parmi les cinq premiers qui amorceront la saison directement dans la LNH, avec Gavin McKenna chez les Maple Leafs de Toronto et Ivar Stenberg avec les Sharks de San Jose.
D’autres espoirs de premier plan devront toutefois patienter. Caleb Malhotra, troisième au total et propriété des Canucks de Vancouver, ainsi que Daxon Rudolph, repêché au quatrième rang par les Sabres de Buffalo, évolueront dans la NCAA. Une autre illustration que chaque trajectoire est différente, et qu’une rétrogradation en début de carrière n’est pas un verdict, mais souvent une simple étape.
