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Analyse

Expansion LNH en Europe : marchés cibles et obstacles majeurs

Un scénario d’expansion décrit comment la LNH pourrait un jour s’implanter en Europe, avec des villes comme Stockholm, Helsinki, Prague, Berlin et la Suisse en première ligne.

Publié le · Source : The Hockey WritersRead in English →

Dans une analyse à long terme de la croissance du circuit, plusieurs marchés européens sont présentés comme les vrais candidats à une future expansion de la LNH, bien au‑delà des villes nord‑américaines habituelles. Stockholm, Helsinki, Prague, Berlin et la Suisse ressortent comme premières cibles potentielles, à condition de régler les questions d’arénas, de calendrier et de relations avec les ligues déjà en place.

Des marchés européens déjà prêts pour la LNH

Les capitales scandinaves occupent une place centrale dans ce scénario. Stockholm et Helsinki sont décrites comme des places fortes du hockey, avec des clubs bien implantés et une longue histoire de matchs amicaux et d’événements de la LNH disputés sur place. La Suède et la Finlande produisent régulièrement des joueurs d’élite et remplissent déjà leurs amphithéâtres pour le hockey professionnel.

Sur le plan des infrastructures, plusieurs patinoires européennes s’approchent déjà des standards nord‑américains. L’O2 Arena de Prague tourne autour de la capacité typique d’un amphithéâtre de la LNH et a déjà accueilli des Championnats mondiaux et des matchs de la Ligue. À Berlin, l’équipe locale évolue dans un bâtiment d’environ 14 000 places où ont eu lieu des rencontres de la série NHL Premiere.

En Suisse, Zurich est évoquée comme porte d’entrée naturelle, mais l’analyse souligne que Berne offre une capacité encore plus intéressante. Le club de la capitale attire plus de 15 000 spectateurs de moyenne depuis de nombreuses saisons, un niveau supérieur à celui de plusieurs formations de la LNH, dont la moyenne globale tournait autour de 17 400 partisans en 2018‑2019.

Voyagement, calendrier et format des séries

L’un des principaux défis d’une LNH transatlantique concerne le calendrier. Le modèle étudié prévoit une conférence européenne distincte, en plus des associations Est et Ouest. Avec quatre équipes en Europe, chacune affronterait les autres plus souvent, tout en conservant une série aller‑retour contre chaque club nord‑américain afin de maintenir un calendrier de 82 matchs.

Les longs voyages ne seraient pas complètement nouveaux pour les équipes : l’analyse rappelle qu’un vol New York–Los Angeles dure environ six heures, contre environ huit heures pour New York–Helsinki. Le plan proposé limiterait à une grande tournée par saison les déplacements intercontinentaux de chaque équipe, nord‑américaine comme européenne.

Pour les séries éliminatoires, le canevas imaginé conserverait les quatre divisions actuelles tout en ajoutant une division européenne. Les trois premières formations de chaque section se qualifieraient, et une seule place additionnelle reviendrait au meilleur club restant, peu importe sa division.

Appuis, résistances et horizon temporel

Sur le plan politique, les signaux sont partagés. Le sous‑commissaire Bill Daly a déjà affirmé que des franchises en Europe finiraient probablement par voir le jour si la popularité du hockey continue de grimper. Du côté syndical, le directeur exécutif de l’AJLNH Donald Fehr a qualifié l’idée de "première vraie ligue transocéanique", tout en reconnaissant que les joueurs n’ont pas pris de position officielle et qu’il faudrait d’abord sécuriser capital, arénas et calendrier.

La LNH met de l’avant le succès des matchs de saison régulière disputés outre‑mer et la croissance de ses audiences télé en Europe. D’ici avril 2019, 29 matchs de saison avaient été présentés hors Amérique du Nord, attirant en moyenne plus de 13 000 spectateurs par rencontre, ce qui confirme un intérêt solide pour le produit LNH sur ce marché.

Les instances européennes voient toutefois ce projet d’un autre œil. Le président de l’IIHF René Fasel a promis de défendre les clubs du Vieux Continent, estimant que l’implantation de franchises de la LNH empiéterait sur leur territoire. La KHL et les ligues nationales auraient elles aussi des raisons de s’inquiéter d’une concurrence directe pour les partisans et les joueurs.

Au‑delà du premier noyau de villes ciblées, des marchés comme Moscou – avant l’invasion de l’Ukraine –, Londres, Vienne, Oslo, Riga, Minsk ou Bratislava sont cités comme options possibles à plus long terme. L’échéancier, toutefois, reste lointain : le scénario évoque au minimum une autre décennie avant de voir une équipe européenne à temps plein dans la LNH. D’ici là, la Ligue concentre ses efforts sur les Global Series, les événements spéciaux et les droits télé pour nourrir une croissance graduelle de sa présence en Europe.

Source : The Hockey Writers. Lire l'article original ↗

Cet article est une synthèse rédigée à partir de faits rapportés par cette source.