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Nikita KucherovLightning de Tampa Bay
Nikita Kucherov, Lightning de Tampa Bay

Analyse

Nikita Kucherov relance le débat sur le « QI hockey » dans la LNH

Les commentaires tranchés de Nikita Kucherov sur le « QI hockey » dans la LNH ont déclenché un vaste débat sur la place de la vitesse, de l’habileté et de la compréhension du jeu.

Publié le · Source : SportsnetRead in English →

Nikita Kucherov, vedette du Lightning de Tampa Bay et double récipiendaire du trophée Hart, a provoqué une onde de choc dans le milieu du hockey avec des commentaires tranchés sur l’évolution du jeu dans la LNH. Lors de sa disponibilité médiatique d’ouverture de saison à Tampa, l’ailier de 33 ans a affirmé que le hockey est aujourd’hui plus rapide, mais moins intelligent sur le plan tactique. « The game now is a lot faster, but dumb », a-t-il lancé, qualifiant ensuite une partie de la ligue de « low IQ » sur le plan hockey avant de clore abruptement l’échange.

La séquence vidéo, d’une trentaine de secondes, est rapidement devenue virale et a alimenté les discussions bien au-delà des réseaux sociaux. En quelques phrases, Kucherov a relancé un vieux débat sur l’équilibre entre vitesse, habiletés et sens du jeu au plus haut niveau.

Ancien coéquipier et ex-joueurs appuient en partie Kucherov

Tyler Johnson, son ancien compagnon de la fameuse unité des « Triplets » avec Ondrej Palat à Tampa, partage largement ce constat. Retraité depuis 2025 après 747 matchs dans la LNH, Johnson juge que le hockey met aujourd’hui l’accent de façon extrême sur la vitesse et la technique individuelle, au détriment de la lecture du jeu et de l’utilisation des coéquipiers. Il pointe notamment les méthodes d’entraînement axées sur les habiletés comme Power Edge Pro : efficaces pour le maniement de rondelle et le coup de patin explosif, mais susceptibles de favoriser un style très individualiste s’il n’est pas balancé par du travail tactique.

L’ex-défenseur de la LNH Thomas Hickey, aujourd’hui analyste pour Amazon Prime et MSG, voit en Kucherov un joueur d’une intelligence exceptionnelle, maître des subtilités du jeu. Il compare en substance la manière de penser le jeu de l’attaquant étoile à une partie d’échecs, pendant qu’une grande partie de la ligue joue plutôt aux dames, image qui illustre l’écart perçu entre les joueurs d’élite et le reste du circuit.

D’autres vedettes offensives actuelles comme Connor McDavid, ou encore des joueurs cités pour leur sens du jeu comme Quinn Hughes, Mark Stone, Sam Reinhart et Jaccob Slavin, sont mentionnés comme appartenant au même groupe de « haut QI hockey », ce qui place inévitablement la majorité des autres joueurs un cran en dessous sur ce plan.

Des voix nuancées chez les entraîneurs et les défenseurs

À Buffalo, le défenseur Rasmus Dahlin reconnaît que le sens du jeu est indispensable pour évoluer dans la LNH, tout en rappelant qu’il existe plusieurs niveaux d’intelligence hockey. Selon lui, certains joueurs extrêmement brillants cohabitent avec d’autres qui s’appuient davantage sur d’autres atouts et occupent des rôles différents, mais parviennent tout de même à se tailler une place.

L’entraîneur-chef des Sabres, Lindy Ruff, accueille les propos de Kucherov avec humour et prudence. Il souligne la qualité de la vitesse à travers toutes les formations et insiste sur le fait que les troisièmes et quatrièmes trios sont souvent construits autour de l’énergie et du tempo, ce qui n’a rien de « stupide » à ses yeux. Ruff rappelle que ces joueurs de soutien peuvent être les plus rapides sur la glace et très dérangeants pour les vedettes adverses, ce qui constitue un élément clé du hockey moderne.

Entraînement, multisport et développement du sens du jeu

Pour l’entraîneur privé Kane Lafranchise, installé à Edmonton et actif auprès de plusieurs professionnels dont Kaiden Guhle, Dylan Guenther et Matthew Savoie, les propos de Kucherov renvoient surtout à la manière dont on développe les joueurs. Il estime que le milieu du hockey excelle de plus en plus dans la mise en place de drills spectaculaires qui perfectionnent l’exécution, mais qui reproduisent mal la complexité d’une vraie situation de match. Ses séances sur glace intègrent donc des éléments de résolution de problèmes : un défenseur doit par exemple aller chercher la rondelle sous pression, identifier plusieurs options et choisir la meilleure avant que la fenêtre de jeu se referme.

Lafranchise décrit le QI hockey comme la capacité à traiter l’information liée à la pression, à l’espace, au synchronisme et au soutien des coéquipiers, le tout à une vitesse toujours plus grande. Cette vision rejoint celle d’Owen Power, jeune pilier défensif des Sabres de Buffalo. Bien qu’imposant physiquement, Power est surtout reconnu pour son patin fluide et son intelligence. Il croit qu’un joueur peut améliorer son sens du jeu grâce à l’expérience, à la vidéo et à un encadrement approprié.

Power rappelle aussi l’importance d’avoir pratiqué plusieurs sports durant sa jeunesse, mentionnant le lacrosse, le basketball et le volleyball comme des disciplines qui l’ont aidé à comprendre les notions d’espacement, de positionnement du corps et de reconnaissance de schémas. À ses yeux, se limiter très tôt à un seul sport et à des séances d’habiletés isolées prive certains jeunes de ces apprentissages transférables. Le débat lancé par Kucherov devrait donc, selon plusieurs intervenants, inciter le milieu du hockey à réfléchir non seulement à la vitesse du jeu, mais aussi à la façon dont on apprend à « penser » ce jeu.

Source : Sportsnet — article de John Matisz. Lire l'article original ↗

Cet article est une synthèse rédigée à partir de faits rapportés par cette source.

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