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Canadien : Kreider arrive, mais le casse-tête au centre demeure entier
Dans un débat animé, trois journalistes de La Presse voient le Canadien en séries, mais s’entendent pour dire que le poste de deuxième centre reste le talon d’Achille du club.
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À l’approche de la saison, trois journalistes de La Presse affectés au Canadien de Montréal – Richard Labbé, Guillaume Lefrançois et Simon-Olivier Lorange – dressent un portrait plutôt optimiste du club, tout en sonnant l’alarme au centre. Selon eux, le Tricolore devrait participer aux séries éliminatoires, mais la question du deuxième centre derrière Nick Suzuki reste le principal nuage au-dessus de l’équipe.
Un groupe convaincu que le Canadien est rendu à une autre étape
Guillaume Lefrançois voit dans le camp d’entraînement très ciblé du Canadien le signe d’une équipe qui se croit prête à franchir un cap. Les exercices auraient porté sur des aspects précis du jeu, comme si le club ne cherchait plus seulement à se développer, mais à peaufiner un ensemble déjà en place. Dans cette optique, il va jusqu’à parler d’une place en séries comme d’une quasi-certitude, tout en anticipant un parcours printanier plus court que l’an dernier.
Richard Labbé évoque pour sa part une saison « rocambolesque », ponctuée de hauts, de bas et de petits drames, mais qui se terminerait aussi par une qualification en séries. Le consensus du trio est clair : le Canadien est plus près de la compétition que de la reconstruction, ce qui justifie de réfléchir à des gestes plus agressifs pour corriger ses faiblesses.
Kreider en renfort, mais le centre reste le problème numéro un
L’unique ajout majeur à l’attaque, Chris Kreider, amorcera la saison sur le premier trio. Labbé estime que le vétéran ailier peut encore marquer une vingtaine de buts et être utile en avantage numérique. Il prévient toutefois que sa présence ne règle pas l’enjeu jugé le plus pressant : l’absence d’un véritable deuxième centre.
Lefrançois s’attend à ce que les trios bougent souvent. Il croit que Martin St-Louis reviendra rapidement au trio Cole Caufield–Nick Suzuki–Juraj Slafkovský dès que les choses iront moins bien, voyant ce trio comme une valeur sûre. Lorange apprécie le profil de Kreider, notamment son jeu devant le filet, mais rappelle avec humour que s’il s’agissait d’un joueur vraiment convoité, il serait probablement resté avec les Rangers de New York ou aurait abouti ailleurs qu’à Montréal.
Anaheim, par exemple, a misé sur Alex Killorn plutôt que sur Kreider. Lefrançois y voit davantage un choix de joueur souhaitant demeurer dans l’Ouest qu’un rejet du nouveau venu du Canadien. Labbé ajoute que l’organisation montréalaise a aussi exploré la piste d’Anthony Mantha sans succès avant de se rabattre sur Kreider pour une saison.
Vers un essai Slafkovský ou Demidov au centre?
La blessure à Kasperi Kapanen, révélée peu avant cette discussion, est vue comme un élément supplémentaire qui pourrait pousser le Canadien à expérimenter au centre. Lefrançois estime qu’on se rapproche du moment où Slafkovský ou la recrue Ivan Demidov pourraient être testés dans l’axe, faute de mieux. Lorange souligne par ailleurs qu’en cas de blessure à Suzuki, il n’existe pratiquement aucun plan de secours crédible, une situation qu’il juge préoccupante pour un club qui se dit ambitieux.
Labbé va plus loin et plaide pour une transaction d’envergure, un peu à la manière de celle qui avait amené Ryan O’Reilly chez les Blues de St. Louis en 2018. Selon lui, dans la « nouvelle LNH », il est impossible de gagner sans une ligne de centre dominante, et le Canadien ne pourra pas combler cet écart avec une combinaison de Kapanen, Jake Evans ou Alex Newhook sur le deuxième trio.
En attaque, les trois observateurs s’entendent aussi pour dire que, derrière le premier trio, la production relève encore en bonne partie du pari. Il manquerait un ailier robuste dans la fleur de l’âge, le type de profil qu’on associe à ce que pourrait devenir Florian Xhekaj d’ici quelques années. Lefrançois demeure néanmoins confiant quant à l’apport offensif de Demidov, de Newhook, d’Alexandre Texier ou encore de William Bolduc, qu’il voit capables de connaître des séquences productives même si l’ensemble du portrait reste à stabiliser.
