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LNH : joueurs et entraîneurs partagés devant le nouveau camp écourté
Avec la première pré-saison écourtée de son histoire, la LNH teste un nouveau format de camp d’entraînement et de calendrier. Les réactions sont déjà partagées.
Publié le · Source : The Hockey NewsRead in English →
La première pré-saison écourtée de la LNH vient de se terminer, et les réactions sont déjà vives dans les vestiaires comme dans les bureaux des directeurs généraux. Avec un calendrier régulier porté à 84 matchs, la ligue a réduit le camp d’entraînement, limité la pré-saison à quatre rencontres et imposé une finalisation plus rapide des alignements.
Moins de matchs préparatoires, plus de pression
Selon les nouvelles règles, les vétérans qui comptent plus de 100 matchs dans la LNH ne peuvent disputer que deux matchs préparatoires. Le circuit passe ainsi d’un bloc traditionnel de six à huit rencontres à un calendrier nettement plus comprimé, ce qui réduit l’usure des joueurs clés avant une saison encore plus chargée.
Cette diminution répond aussi à des inquiétudes liées aux blessures. En 2024, plusieurs joueurs importants avaient été blessés en pré-saison, notamment Macklin Celebrini, Patrik Laine, Drew Doughty, Artemi Panarin et David Reinbacher. L’idée derrière le changement était de limiter l’exposition à des risques jugés inutiles avant le début des matchs significatifs.
Pour les entraîneurs, le portrait est moins simple. Ils disposent de moins de séances et de matchs pour installer ou ajuster leurs systèmes, tester différents trios ou paires de défenseurs et donner une vraie chance aux espoirs. Ryan Huska, entraîneur-chef des Flames de Calgary, a reconnu que le format réduit compliquait l’évaluation des jeunes joueurs et obligeait à couper plus rapidement dans le groupe.
Les vétérans soulagés, les espoirs coincés
Chez les vétérans bien établis, l’accueil du nouveau modèle est généralement favorable. Le capitaine des Golden Knights de Vegas, Mark Stone, s’est dit heureux de voir un camp plus court et moins lourd, expliquant qu’il préfère rapidement passer aux matchs qui comptent réellement. Son directeur général, Kelly McCrimmon, a parlé d’un sentiment d’urgence accru pour accomplir le travail dès les premiers jours du camp.
Rod Brind'Amour, entraîneur-chef champion en titre avec les Hurricanes de la Caroline, est allé encore plus loin en suggérant carrément d’abolir la pré-saison au profit d’un calendrier régulier encore plus long. Son commentaire illustre la frustration de certains envers des matchs préparatoires jugés peu attrayants pour les partisans et peu utiles pour les joueurs établis.
Pour les jeunes qui tentent de percer, toutefois, chaque période retranchée enlève une opportunité de se faire valoir. Le rythme plus serré rend l’entrée dans la ligue encore plus ardue, dans un environnement déjà extrêmement compétitif. Peu d’espoirs osent critiquer ouvertement la réforme, conscients qu’ils doivent se concentrer sur ce qu’ils peuvent contrôler.
Fin des tests physiques et responsabilité individuelle
Le nouveau cadre issu de la convention collective supprime aussi les tests physiques obligatoires au camp. La LNH part du principe que la plupart des vétérans suivent désormais un plan d’entraînement et une alimentation rigoureux à l’année. L’attaquant des Blackhawks de Chicago Frank Nazar a résumé cette logique en rappelant que tout joueur qui arrive au camp mal préparé met lui-même sa carrière en danger, puisqu’« quelqu’un va prendre ta place ».
Au final, la réforme semble réduire l’attrition chez les joueurs établis et hausser la qualité du début de saison, mais elle resserre encore l’entonnoir pour ceux qui rêvent simplement d’obtenir un premier contrat ou une place dans l’alignement. Dans une ligue déjà réputée pour être l’une des plus difficiles à intégrer, le chemin vers la LNH vient de se rétrécir un peu plus.
