AnalyseMaple Leafs de Toronto
Gary Bettman critique les clauses de non‑échange, mais la balle est dans le camp des DG
Gary Bettman a ciblé cette semaine la prolifération des clauses de non‑échange et de non‑mouvement dans la LNH. Or ce sont les directeurs généraux qui les accordent et façonnent vraiment le système.
Par la Rédaction PickALeague · Publié le · Source : The Hockey NewsRésumé rédigé avec l'aide de l'IA — notre démarcheRead in English →
Le commissaire Gary Bettman a ravivé le débat sur les clauses de non‑échange et de non‑mouvement cette semaine en affirmant que la LNH surveille de près leur multiplication. En entrevue à l’émission The FAN Hockey Show de Sportsnet, il a laissé entendre que l’usage actuel de ces clauses n’est « pas une bonne chose » ni pour les joueurs, ni pour les équipes, ni pour le lien avec les partisans.
Bettman a expliqué que, même si une protection contractuelle peut sembler avantageuse dans un cas précis, la ligue doit surtout se demander ce qui est bénéfique pour le jeu, pour l’ensemble des joueurs et pour la LNH comme institution. Selon lui, on s’est éloigné de l’objectif initial des clauses de non‑échange, qui devaient encadrer des situations particulières plutôt que devenir un réflexe de négociation.
Un nombre record de joueurs protégés
Les données disponibles illustrent l’ampleur du phénomène. D’après le site spécialisé PuckPedia, 279 joueurs de la LNH disposeraient présentement d’une clause de non‑échange (NTC) ou de non‑mouvement (NMC), complète ou partielle. Aucune autre grande ligue nord‑américaine ne s’en approche.
L’article cite notamment les Maple Leafs de Toronto comme exemple extrême, avec 17 patineurs bénéficiant d’une forme ou d’une autre de protection contre les transactions. Concrètement, cela signifie qu’à peine neuf joueurs de l’alignement ne seraient pas couverts par une NTC ou une NMC. Ce n’est pas le résultat d’une obligation imposée par la ligue, mais bien une série de décisions de gestion.
En comparaison, la NBA ne compterait qu’une petite poignée de joueurs avec une pleine clause de non‑échange, la NFL encore moins, et la MLB nettement moins que la LNH malgré des effectifs plus étoffés. Ce contraste alimente l’idée que le problème se situe moins au niveau du cadre juridique qu’au niveau de la façon dont les équipes utilisent l’outil.
La responsabilité des directeurs généraux au cœur du débat
Les clauses de non‑échange et de non‑mouvement sont prévues par la convention collective conclue entre la ligue et l’Association des joueurs. Aucune organisation n’est toutefois forcée d’en inclure dans ses ententes. Ce sont les 32 directeurs généraux qui choisissent, ou non, d’offrir ces protections en négociation, souvent pour boucler une entente ou sécuriser un joueur ciblé.
C’est ce qui amène l’auteur du texte à soutenir que la frustration du commissaire devrait d’abord viser les bureaux des directions, plutôt que les joueurs qui profitent d’un mécanisme légalement prévu. Les joueurs peuvent demander ce qu’ils veulent dans une discussion contractuelle; seuls les DG ont le pouvoir réel de dire oui ou non à une NTC ou une NMC.
L’article souligne aussi que ces clauses ne sont plus réservées aux vedettes. Quand des joueurs de soutien comme Brandon Duhaime, Dakota Joshua ou Max Domi obtiennent un certain niveau de protection, cela pose, selon l’auteur, un problème d’équilibre dans la gestion des alignements. Plus les listes de protection s’allongent, plus il devient ardu de réoutiller un club en profondeur lorsque la situation l’exige.
Un dossier remis à la prochaine convention collective
Le cadre actuel restera en place au moins jusqu’à l’échéance de la convention collective, prévue en 2030. D’ici là, la ligue peut certes réfléchir à des pistes pour mieux encadrer l’usage des clauses de non‑échange, mais toute modification devra passer par la table de négociation avec les joueurs.
En attendant, la marge de manœuvre se trouve principalement du côté des propriétaires et des directeurs généraux, qui peuvent choisir d’être plus sélectifs dans l’octroi de telles protections. Pour l’instant, conclut l’analyse, la LNH fait face à une situation qu’elle a elle‑même contribué à créer, et c’est aux équipes de faire preuve de plus de retenue si elles souhaitent retrouver plus de flexibilité sur le marché des échanges.
