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Martin St. Louis mise sur le processus pour mener le Canadien vers la Coupe
À l’aube d’une cinquième saison complète derrière le banc du Canadien, Martin St. Louis détaille comment son obsession du processus et du leadership transformationnel doit transformer un parcours en finale d’association en véritable course à la Coupe Stanley.
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BROSSARD – À quelques jours du début de sa cinquième saison complète derrière le banc du Canadien de Montréal, Martin St. Louis ne parle ni de revanche ni de destin. Pour l’entraîneur-chef, qui a quitté le hockey mineur il y a à peine cinq ans pour se retrouver derrière le banc du Centre Bell, la route vers la Coupe Stanley passe avant tout par un engagement radical envers le processus et l’attitude de son groupe.
L’ancien champion de la Coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay refuse de placer sa propre histoire au centre du récit. Lorsqu’on lui demande ce que représenterait un sacre à Montréal, il pense d’abord à son père, partisan du Canadien depuis l’enfance, et insiste sur le fait que le but ultime ne peut être atteint que par les joueurs. Comme il le résume lui-même, il ne veut pas « gagner une Coupe », il veut que ses joueurs la gagnent.
Du bas du classement à une finale d’association
Sous St. Louis, le Canadien a suivi une trajectoire plus rectiligne que la plupart des équipes en reconstruction. La première année a été marquée par les défaites, la deuxième par un bond compétitif avec une multitude de matchs décidés par un seul but, puis la troisième par suffisamment de victoires pour obtenir une place en séries. La quatrième saison a culminé avec 106 points au classement et deux victoires en séries dans des séries quatre-de-sept contre Tampa Bay et Buffalo, avant une élimination en cinq matchs contre les Hurricanes de la Caroline en finale de l’Est.
Pour St. Louis, rien de tout cela n’est attribuable à la chance. Il martèle que l’organisation doit reconnaître comment elle s’est rendue là pour pouvoir franchir l’étape suivante. Selon lui, accepter le nouveau statut du club – une équipe qui a gagné deux rondes éliminatoires – implique de nouvelles responsabilités quotidiennes, autant dans la préparation que dans l’exécution.
Un leadership transformationnel inspiré des grands entraîneurs
L’entraîneur du Canadien s’inspire ouvertement d’architectes de dynasties comme Bill Walsh, Nick Saban, Bill Belichick et Geno Auriemma. Il oppose une approche purement transactionnelle, où l’humeur du coach fluctue au rythme des victoires et des défaites, à un leadership transformationnel centré sur le développement constant de l’équipe, sans s’accrocher émotionnellement au résultat à court terme. À ses yeux, en se concentrant sur l’amélioration quotidienne, les résultats finissent par suivre.
De Walsh, St. Louis retient l’idée qu’il faut se comporter comme un champion avant de l’être, en maintenant des standards élevés chaque jour. De Saban, il reprend la notion d’un environnement qui pousse les joueurs à hausser constamment la barre. Quant à Belichick, il l’admire pour sa créativité tactique et son ouverture à sortir des sentiers battus, une attitude qu’il souhaite reproduire en étant prêt à essayer de nouvelles approches plutôt que de copier ce qui se fait ailleurs dans la LNH.
Culture inclusive et leçons des Hurricanes
Avec son personnel, St. Louis a cherché à bâtir un environnement aussi inclusif que possible, où toutes les ressources sont mobilisées pour permettre aux joueurs de maximiser leur potentiel et se pousser mutuellement vers l’excellence. Il estime que cette culture s’est renforcée saison après saison et a permis au Canadien de progresser plus rapidement qu’on ne le voit généralement dans une reconstruction.
La défaite contre la Caroline, qui a ensuite remporté la Coupe Stanley, lui a toutefois servi de rappel que le travail n’est pas terminé. St. Louis voit chez les Hurricanes une adhésion totale au système et une constance irréprochable dans les détails, des mises en jeu aux batailles pour la rondelle en passant par les couvertures défensives. Il veut voir le même niveau de vigilance des deux côtés de la rondelle à Montréal et rappelle que la structure ne vaut que si les cinq joueurs sur la glace l’appliquent ensemble.
St. Louis croit que la prochaine étape passe aussi par sa propre remise en question. Après l’élimination, il a jugé essentiel d’assumer sa part de responsabilités devant ses joueurs avant de leur présenter les ajustements souhaités. Pour lui, cette transparence est au cœur du processus : reconnaître où l’équipe – et le personnel d’entraîneurs – a failli, afin de mieux tracer le chemin vers une réelle entrée dans le cercle des aspirants à la Coupe.
