NouvelleCanadiens de Montréal
Philippe Girard fait revivre le Forum et le jazz autour du CH
L’auteur de bande dessinée Philippe Girard publie Les fantômes du Forum, un album de 168 pages qui marie l’histoire du Canadien de Montréal et l’âge d’or du jazz.
Par la Rédaction PickALeague · Publié le · Source : La Presse (Richard Labbé)Résumé rédigé avec l'aide de l'IA — notre démarcheRead in English →
L’auteur de bande dessinée Philippe Girard lance ces jours-ci Les fantômes du Forum, un album de 168 pages où l’histoire du Canadien de Montréal croise l’univers du jazz. L’ouvrage, publié chez La Pastèque, plonge le lecteur dans un Montréal d’un autre temps, à l’époque du Forum et des débuts de Maurice Richard, tout en faisant le pont avec la vie nocturne et musicale de grandes villes nord-américaines.
Un soigneur au chevet de Maurice Richard et sur la route du jazz
Au cœur du récit, Girard met en scène Émile Laplante, un soigneur fictif du Forum de Montréal chargé de veiller sur un jeune Maurice Richard en convalescence d’une blessure à la cheville. Le personnage se retrouve derrière le banc, puis embarque littéralement dans les voyages de l’équipe. Au fil des déplacements du Canadien, il découvre les clubs de jazz entre deux matchs, notamment à New York et à Boston, où la musique devient un prolongement de l’ambiance du hockey.
Les fantômes du Forum font défiler plusieurs figures marquantes de l’histoire du Tricolore, dont Dollard St-Laurent et Bernard Geoffrion, aux côtés de grands noms du jazz comme Oscar Peterson et Miles Davis. Girard s’amuse ainsi à faire circuler son héros entre la glace et la scène, montrant deux milieux qui, malgré leurs différences, partagent un même sens du spectacle et du rythme.
Hockey, musique et souvenirs d’un Montréal populaire
L’idée de marier le Canadien et le jazz est née d’une proposition de La Pastèque. Girard, ancien partisan des Nordiques de Québec, a ensuite trouvé l’angle de son récit en entendant Serge Fiori raconter à la télévision une anecdote liant son père, chef d’orchestre passionné de hockey, à Maurice Richard. Cette histoire, et le fait que de nombreux musiciens québécois aient évoqué le hockey dans leurs œuvres, l’ont convaincu qu’un véritable terrain commun existait entre ces deux univers.
Dans l’album, Girard évoque aussi un Montréal ouvrier où un même public pouvait fréquenter à la fois les salles de spectacle et les gradins du Forum. Il rappelle que, dans ces années-là, une soirée pouvait combiner un verre dans un bar où jouait un orchestre de jazz et un match du Canadien, sans que le coût ne soit prohibitif pour les travailleurs. Pour lui, hockey et musique faisaient alors partie d’une culture populaire largement accessible.
Nostalgie et regard sur le coût du spectacle aujourd’hui
Les dessins de Girard adoptent un style volontairement rétro, qui accentue la dimension nostalgique de l’ouvrage sans pour autant idéaliser le passé. L’album amène plutôt le lecteur à mesurer le chemin parcouru, notamment sur le plan économique, entre cette époque et le présent. L’auteur souligne le contraste entre ces années où les matchs et les concerts étaient abordables et la réalité actuelle, où une grande sortie sportive ou musicale se chiffre souvent à plusieurs centaines de dollars.
En jouant avec les parallèles entre étoiles du hockey et vedettes de la musique, Girard pousse la réflexion sur ce que sont devenus ces spectacles de masse. Les fantômes du Forum se présente ainsi autant comme une lettre d’amour au Canadien de Montréal et au jazz que comme une méditation sur la transformation du sport et de la culture populaire.
